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Andemnia - 3

Un texte de SpaceFox, publié le lundi 04 décembre 2006

« Toute ma famille se préparait pour fêter mon anniversaire, lequel correspondait, selon la tradition, au premier des « Rites de Passage ». D'après ce que j'ai réussi à en apprendre, il devait s'agir d'une certaine forme de torture psychologique. À priori, il n'aurait dû y avoir personne à mon anniversaire, et pendant une semaine, j'aurais dû être enfermée seule, totalement coupée du monde. Mais ce ne sont là que des suppositions et interpolations. Charmante coutume, n'est-ce pas ?

Mais bon, là n'est pas le problème. Il y eut, quelques jours avant la date qui m'était fatidique, d'importantes tensions en ville. Je n'ai jamais su exactement ce qui s'est passé mais les témoignages que l'on possède font état de l'assassinat d'au moins l'un des dirigeants de la cité.

La jeune fille me dévisagea un instant et dû percevoir une interrogation poindre sur mon visage, car elle continua ainsi :

« Je pense qu'il faut que je fasse une parenthèse sur le mode de gouvernement d'une cité wezlesse. Traditionnellement, une telle ville est dirigée par un conseil comprenant entre 4 et 10 membres, qui prennent de façon collégiale et à la majorité les grandes décisions. On s'est très vite aperçu qu'à cause de la perversion démoniaque, pour assurer la pérennité du système, il fallait que les dirigeants soient attachés afin de les empêcher de s'entre-tuer à chaque débat.

La population d'une ville-cité influence les décisions en venant torturer les membres avec qui elle n'est pas d'accord. L'inverse est par contre assez peu vrai, même si certaines rumeurs font état d'émeutes féminines le soir de la promulgation d'une loi attendue par un bel homme. »

Andemnia s'arrêta un instant avant de s'exclamer :

« Mais je t'assure, je ne plaisante pas, c'est vraiment comme ça ! »

Je m'empressai de la rassurer en lui expliquant que ma surprise était due à la découverte d'une forme de gouvernement aussi éloignée de ce qui est habituel.

« Bien, où en étais-je... Ah oui ! La révolution !

Comme je te l'expliquais, il y eut des émeutes, une nuit un peu avant mon anniversaire. Et je peux t'assurer que, pour une enfant, une révolution est quelque chose de très impressionnant, d'autant plus que, comme je te l'ai précisé, j'habitais près du bâtiment du Grand Conseil.

Nous avions chacun une chambre à l'étage, mes deux soeurs, mon frère et moi. Nous entendions les cris des manifestants dans la rue ; la situation était particulièrement confuse. Les partisans des divers membres du grand conseil se hurlaient dessus et les forces de l'ordre, loin de calmer le jeu, prenaient totalement parti en se ralliant aux divers manifestants. Mes parents étaient de fervents partisans de Twuo'klza'n, l'un des membres de ce conseil. Il passait pour être un « mou », ce qui faisait qu'il était honni par une bonne partie de la population.

Au dehors les manifestations commençaient à dégénérer ; les partisans prenaient passants et résidents à parti. Du fait de leur position, mes parents prirent peur et barricadèrent portes et fenêtres ; mon frère, mes soeurs et moi reçûmes l'ordre de nous dissimuler dans l'une des nombreuses caches que contenait la maison. Je me cachai dans ma préférée, un espace sarcophagesque dissimulé sous l'escalier qui montait à l'étage et y restai un bon quart d'heure, allongée sur la pierre tiède, sans que rien de particulier ne se passe.

Tout à coup vint un grand bruit, puis une série de cris assourdis par l'épaisseur de la pierre. C'étaient les manifestants qui avaient incendié le bâtiment du conseil ; il y avait sans doute un magicien puissant parmi eux car, comme la majorité de la ville, cet édifice était presque intégralement construit en obsidienne. J'étais en train de me demander si tout ceci allait me permettre de fêter mon anniversaire (c'est fou ce qui peut nous passer par la tête quand on est gamin) quand, beaucoup plus proche de moi, résonna un grand cri :

« Etztrà ! Qu'est-ce que tu fabriques ? », hurla ma mère.

Puis il y eut le bruit très caractéristique que faisait la barre de la porte d'entrée quand on l'enlève de son logement.

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