Un texte de SpaceFox, publié le vendredi 01 décembre 2006
Acklow resta un long moment à regarder la chose, sans savoir que faire, repensant à l’improbabilité des évènements de toute cette journée. Tout d’abord, il y avait eu l’orage. Normal, il y a beaucoup d’orages dans la région.
Puis cette fille (plutôt jolie, d’ailleurs) était arrivée, comme ça, dans un endroit où il n’y a habituellement personne, disant visiter les Yjiapbulaz(1) et Aqajouxwonmyjiarez, région que personne n’apprécie vraiment, un jour de grande chaleur. Il y avait vraiment beaucoup de choses bizarres dans cette histoire.
Puis la jeune fille avait insisté pour qu’il vienne voir quel était le bruit étrange qu’elle prétendait avoir entendu en arrivant.
Acklow se ravisa, et alla voir la chose qu’ils avaient ramené. Qu’il avait ramené, d’ailleurs, elle ne s’était aucunement occupé de cette histoire. C’était lui, et lui seul qui l’avait trouvé, tiré – non, elle l’avait aidé pour sortir la chose du fourré -, examiné, retourné, transporté et qui finalement se retrouvait avec une chose étrange chez lui. D’ailleurs, il se disait qu’il n’avait jamais observé ce… ce truc sans qu’elle ne soit à côté. Qu’à cela ne tienne. Il allait le faire immédiatement, et il ne mettrait pas longtemps à découvrir s’il s’agissait d’une quelconque mystification.
Aussi s’intéressa-t-il brusquement à la chose.
Après quelques minutes d’un examen attentif, il s’avérait que les choses métalliques que portait le géant ressemblaient à des vêtements, et pouvaient s’enlever – bien qu’Acklow restait perplexe quant à l’utilité de vêtements en métal. Il supposa que le géant devait être masochiste. Aussi se mit-il en devoir de les lui enlever, afin de pouvoir mieux l’examiner.
Après plusieurs dizaines de minutes d’efforts, le géant était enfin dépouillé de ses vêtements métalliques. Les pièces étaient lourdes. Acklow fit alors une découverte étrange : sous ses vêtements de métal, la chose portait des vêtements qui, quoique taillés dans une toile particulièrement grossière, paraissait tout à fait normaux.
« Ce n’est sûrement pas un animal, pensa le jeune homme. Aucun animal n’est capable de se forger ou de se tailler des vêtements. C’est vraiment étrange. »
Il remarqua alors une tache de sang qui commençait à souiller la table sur laquelle le géant était posé ; aussi le Zolockque se mit en devoir de le soigner.
Pour ce faire, il commença par lui enlever ses vêtements « normaux », qui risquaient de rester coller aux plaies. Quand il eut fini, il regarda le géant dans son ensemble.
Il prit du recul.
Il regarda à nouveau.
Il se frotta les yeux, et se pinça, afin de vérifier qu’il n’était pas en train de dormir.
Apparemment il ne dormait pas.
Il regarda encore le géant.
Morphologiquement, le géant était semblable en tous points à un Zolockque ; à l’exception d’une peau plus foncée, d’une pilosité plus importante (particulièrement au niveau du visage), et du fait que le géant mesurait environ une fois et demie la taille du Zolockque.
Acklow supposa alors qu’il devait pouvoir effectivement se soigner comme n’importe quel Zolockque, et donc il essaya. Il lança une magie curative extrêmement puissante sur le géant ; et il fut soigné. Le Zolockque regarda pensivement le géant. Il lui faudrait du repos, mais il n’avait évidemment pas de lit suffisamment grand pour l’accueillir. Après quelques instants de réflexions intenses, Acklow en arriva à la double conclusion qu’il serait encore mieux de le laisser là où il était, sur la table de la salle à manger ; et que lui-même ferait bien d’aller se coucher.
Ce qu’il fit.
* * *
Le lendemain matin, immédiatement après s’être levé, Acklow alla voir comment allait le géant. Voyant qu’il dormait, il décida de ne pas le réveiller ; et, une fois n’est pas coutume, de prendre son petit déjeuner sur la table de la cuisine.
Alors qu’il mangeait, le Zolockque entendit du bruit en provenance de la salle à manger. Aussitôt, il se précipita pour voir ce qui s’y passait.
Le géant était debout à côté de la table et était en train de se rhabiller. Il ne s’était pas rendu compte de la présence du Zolockque.
Acklow toussa.
Le géant se retourna brusquement dans sa direction, et eut l’air fort surpris.
« Yat woldagna’t gol tugol ? » (Comprenez-vous notre langue ?), lui demanda Acklow.
Apparemment non.
Acklow essaya une dizaine de langues anciennes(2) jusqu’à ce que :
« Qu’est-ce que vous dites ? »
Le Zolockque en fut tellement stupéfait qu’il fixa le géant avant de pouvoir parler. Au bout de quelques instants, il se mit à parler dans une autre langue ancienne (la seule qu’il connaissait et n’avait pas encore essayé, d’ailleurs).
« Comment allez-vous ?, demanda-t-il dans cette langue oubliée.
- Ca va, répondit le géant. Ou suis-je, et qui êtes-vous ? Depuis combien de temps suis-je ici ?
- Calmez-vous, dit le Zolockque(3). Vous avez subit un choc et avez été blessé ; je vous ai retrouvé hier dans un fossé. Mais vous, quel est votre nom, et que faites-vous ici ?
- Je suis Forlodr, un Humain des Plaines du Stephull ; et je suis aventurier et je parcours le monde. Je suis passé par le Couloir de la Mort, et c’est en voulant descendre les falaises pour venir ici que je suis tombé. »
Acklow jeta un regard étrange au géant et réfléchit. Si cet… humain, comme il s’appelait, était vraiment tombé de là où il disait – ce qui paraissait logique étant donné l’endroit où ils l’avaient trouvé -, il ne pouvait venir que de Aqajouxwonmyjiarez. Or, la Passe des Vents est un des pires endroits que l’on puisse imaginer ; des vents très violents y soufflent en permanence, desséchant toute la végétation aux alentours ; toute personne qui tente d’y pénétrer a de grandes chances de s’envoler à cause du vent. Des expériences ont été menées pour tenter de savoir ce qu’il y a au-delà ; mais toutes sont revenues avant de mourir de soif ; ou pire, ne sont pas revenues. Selon les témoignages, la magie serait impossible et le voyageur devrait affronter – en sus de tout le reste – la claustrophobie engendrée par les deux immenses falaises, de part et d’autre du passage.
S’il disait vrai, le géant aurait réussi à franchir la passe ; ce qui indiquait deux choses.
La première, c’est que ce géant était extrêmement puissant pour avoir franchi la passe – ou mieux, les montagnes(4) jouxtant la passe -.
La deuxième, c’est qu’il existe autre chose au-delà des montagnes qu’un pays désolé ; apparemment même une race intelligente.
Chose étrange supplémentaire, cette race parle une langue très proche d’une langue ancienne oubliée.
1 « Yjiap bulaz », Monts Gris en langue Zolockque.
2 Les Zolockques ne connaissent qu’une seule langue vivante, la leur. Cependant, comme toute leur production est assistée par la magie, ils on beaucoup de temps libre et donc se consacrent à des activités « annexes », comme, par exemple, l’étude des langues anciennes.
3 Toutes les conversations avec le géant se déroulent dans une langue ancienne.
4 A côté desquelles l’Himalaya paraît plutôt bas…
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Il y a 1 commentaire pour ce texte.
SpaceFox - Commentaire du vendredi 01 décembre 2006
Non mais c'est quoi toutes ces notes en bas de pages ?
Il faudrait vraiment que je me décide à réécrire ça correctement, moi...
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