Un texte de SpaceFox, publié le vendredi 24 novembre 2006
* * *
Comme convenu, j'arrivai chez Andemnia peu après deux heures. C'était une froide journée d'hiver, et une épaisse couche de neige recouvrait toute cette région des plaines du Stephhull.
Notre amie loge dans une petite maison attenante à son temple, construite selon la même architecture étrange et fantasque que le temple : une multitude d'influences de toutes les régions du monde semblent se mêler et se fondre dans cet étrange bâtiment. L'intérieur dégage une sympathique impression de chaleur et de confort, et assez curieusement, les murs sont intégralement couverts de boiseries comme il se fait habituellement dans nos régions.
Andemnia m'accueillit chaleureusement, et, après qu'elle m'eut servi un immense bol de chocolat chaud, nous nous installâmes confortablement dans un fauteuil devant le feu.
Elle sembla réfléchir quelques instants.
« Le plus intelligent à faire, à mon avis, c'est de commencer par le commencement et de suivre l'ordre chronologique. C'est ainsi que tes lecteurs seront le moins perdus.
Si tu le veux, dis-je, après tout, il s'agit de toi et de ta vie. »
Elle s'affala dans son fauteuil, et, fixant le plafond, elle commença à me raconter d'une voix quelque peu assourdie.
« Des souvenirs d'enfance... Ils sont flous, mais c'est normal, ça fait tellement longtemps... Un peu plus de cent vingt ans maintenant, je pense.
Je suis née dans une grande ville wezlesse qui doit se trouver dans les forêts du nord ; il me semble que cette ville était Zwal'Nohltl mais je ne saurais dire le nom sous laquelle elle est connue ici. C'était une ville spéciale pour plusieurs raisons, et les Wezless l'habitant en étaient très fiers. Cette ville, en plus de la partie souterraine traditionnelle, possédait une partie à l'air libre. C'était à ma connaissance la seule cité wezlesse en extérieur de toute Arrethia. La seconde raison pour laquelle elle était spéciale était son couloir de liaison direct avec un royaume démoniaque.
Ici il faut rétablir une vérité. Les légendes urbaines veulent que toutes les villes wezlesses possèdent un accès immédiat à l'un de ces royaumes démoniaques ; en fait, si les cités sont fréquemment construites à proximité de tels royaumes, un couloir ou un accès direct est très rare.
On pourrait croire qu'une telle spécificité mènerait directement à la ruine d'une cité, mais il est beaucoup plus intéressant pour un démon d'aider la population, ainsi il dispose en permanence d'une manne d'âmes et d'esclaves potentiels à portée de main ; et une ville entière propose des divertissements intéressants, même pour un démon.
Mes parents habitaient la partie souterraine, à proximité du bâtiment du Grand Conseil. Je n'ai quasiment plus aucun souvenir d'avant mon dixième anniversaire. Il y a seulement deux choses dont je suis absolument certaine.
La première est que je n'ai pas eu une enfance malheureuse.
La seconde est que mes parents étaient plutôt sympathiques avec moi, je n'ai aucune cicatrice ou trace des sévices habituellement mentionnés par les autres Wezless... »
À ce moment, Andemnia se tut. Une expression un peu triste passa sur son visage ; puis, semblant se réveiller brutalement, elle se redressa sur son séant et planta son regard – d'un magnifique bleu très profond – dans le mien.
« C'est vers ce moment, vers mes dix ans, que ma vie cessa brusquement et absolument définitivement d'être normale. »
J'ai cru percevoir à cet instant une pointe de regret dans sa voix, mais peut-être était-ce uniquement le fruit de mon imagination.
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Il y a 1 commentaire pour ce texte.
raido - Commentaire du mardi 21 août 2007
Alors, alors, bon, je vais tout d'abord commencer par faire ma chieuse : 1) tu écris dans cette page "[...] ça fait tellement longtemps [...] cent vingt ans" ; mais dans la première page tu présentes ton héroïne comme une wezlesse de 16 ans ... Je pense qu'à ce moment il faudrait préciser que c'est une équivalence humaine, genre 16 ans humains (à ce propos c'est le même topo à la page 7, quand tu dis "15 ou 16 ans", je suppose que c'est toujours une équivalence humaine. 2) "et assez curieusement, [...] comme il se fait habituellement dans nos régions" ... j'avoue ne pas avoir compris en quoi c'était curieux ; parce qu'elle n'est pas originaire de cette région ? en tout cas faudrait préciser, car voici l'adage essentiel de l'écrivain (m'a dit un jour mon vénérable mentor) : quel que soit le sujet, et à moins que l'écrit ne soit destiné à un jury de profs de fac - dont il faut ménager la délicate susceptibilité - toujours partir du principe que ton lecteur potentiel sera forcément un abîme de stupidité crasse. Mais elle l'avait dit mieux que ça, j'étais morte de rire. Bon ben sinon je n'ai trop rien à dire sur le fond, l'idée est super originale, j'aime bien la forme "entretien" pour de la fantasy, j'avais encore jamais vu, et maintenant j'attends la suite, le deuxième entretien ... Allez, bonne continuation !
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