Un texte de Skaar, publié le vendredi 22 juin 2007
Pandora Mortis. Une planète maudite entre toutes, effacée de toutes les cartes stellaires par celui qui en fût autrefois le maître. Cette planète, jadis capitale d'un empire aux pouvoirs immenses, n'était aujourd'hui plus qu'un monde de cendre sur lequel toute vie avait été soigneusement éliminée, jusqu'au moindre brin d'herbe, un monde où des océans d'une beauté cristalline étaient devenus des déserts poussiéreux, un monde où les joyaux du ciel étaient occultés par d'épais nuages noirs de poussières toxiques.
C'est sur ce monde maudit qu'il y a à peine un jour, un vaisseau d'exploration s'est posé. C'est sur ce monde maudit que son équipage a tiré de son sommeil un être à la soif de sang insatiable.
C'est sur l'orbite de ce monde que s'est matérialisée, dans une synchronisation parfaite, une mystérieuse flotte dont les coques noires sont ornées du Crâne aux Treizes Cornes.
Ce furent tout d'abord les croiseurs qui apparurent, mettant à profit leur vitesse pour former une zone de sécurité autour du point de sortie hyperspatial, puis ce furent les vaisseaux de bataille et les gigantesques destructeurs qui apparurent, s'écartant immédiatement pour se mettre en formation d'escorte. Enfin, ce fût le vaisseau amiral, le Rôdeur Stellaire , qui se matérialisa au centre du reste de la flotte.
Celle-ci acheva de se mettre en orbite stationnaire au dessus de l'ancienne ville principale de la planète. Sur le pont du vaisseau amiral, le commandant Orbos se dirigea vers son Seigneur:
« La Flotte est en position, Seigneur. La navette est prête, ainsi que votre escorte de chasseurs.
_ Il n'y aura pas d'escorte, commandant. Et je piloterais moi même mon chasseur personnel pour descendre à la surface.
_ A vos ordres, Seigneur.
_ Veillez à ce qu'aucun vaisseau ne se pose. Attendez vous à affronter une flotte ennemie.
_ Il sera fait selon vos désirs, Seigneur.
_ Bien. »
Quelques minutes plus tard, un petit chasseur, plus fin et plus rapide que les autres, piqua droit vers la planète. Après avoir traversé plusieurs couches de nuages, le pilote redressa son appareil et descendit en cercles vers la ville.
Quelques instants plus tard, il se stabilisa au dessus du sommet d'une immense tour dont la base se perdait dans les profondeurs enténébrées des nuages de poussières. Le petit vaisseau descendit ensuite sur ses répulseurs le long de la gigantesque structure jusqu'à une petite plateforme sur laquelle il se posa.
Le pilote en descendit, laissant l'appareil sous tension. Il portait de nombreux équipement, tels une combinaison spatiale à peine plus épaisse que du cuir, surmonté de nombreuses plaques d'armures décorées de fines gravures argentées. A sa ceinture pendaient une paire de dagues series d'étranges pierres rougeoyantes.
Deux holsters contenant des pistolets de gros calibre étaient fixés sur ses cuisses, tandis que de longs couteaux étaient fixés à ses mollets. Sa cape était fermée par une broche en argent symbolisant le Crâne aux Treize Cornes. Enfin, il portait un masque au faciès peu rassurant, ainsi que des Manchettes du Diables, armes fixées aux avants bras et pouvant remplir plusieurs rôles, en particulier lance flamme, communicateur ou lames de poignets.
L'homme ( si tant est qu'il en fût un...) rabattit sa capuche et s'enveloppa de sa cape avant de se diriger droit vers la porte donnant accès au bâtiment. Celle-ci s'ouvrit à son approche, pour se refermer ensuite derrière lui, le laissant dans les ténèbres totales, ce qui, après avoir activé le mode vision-nocturne, ne sembla guere le gêner.
Il traversa sans hésiter plusieurs pièces, se dirigeant comme s'il avait toujours vécu ici. Ses bottes de combat ne faisaient pas plus de bruit qu'un murmure, même dans le silence pesant qui l'entourait. Il arriva enfin à un long escalier qu'il descendit pendant plusieurs minutes, s'arrêtant parfois pour examiner les lieux en vision infrarouge et spectrale, avant de continuer sa descente.
Quelques minutes plus tard et trois étages plus bas, il s'arreta. L'escalier continuait juqu'au rez de chaussée, il le savait, et il savait aussi qu'il devait y aller, mais sur sa droite, un passage était barré par une lourde grille métallique.
Elle présentait des traces de brûlures et de coups, comme si on avait voulu la forcer pour rentrer. Ou plutôt pour sortir, se dit il après avoir mieux regardé. Les charges avaient été placées à l'intérieur. Et si la grille était encore là, c'est que ceux qu'elle avait emprisonné y étaient aussi.
Activant le communicateur de sa manchette gauche, il y entra un code de 8 chiffres. La grille gémit et grinça, mais finit par s'ouvrir. Il entra, passa en vision infra-rouge se figea. Deux formes humanoïdes d'un rouge vif se révélèrent sur le fond bleu foncé qu'avait pris la pièce. La vision s'affina, précisant les contours des deux silhouttes.
L'une d'entre elles, accroupie à sa droite, était féminine. Elle portait une paire de grosses lunettes de vision nocturne. Il pouvait voir le rythme de ses battements cardiaques. Il tourna légèrement la tête vers elle, et vit le nombre de ses pulsations augmenter, des gouttes de sueur perler sur son visage, visage dont le rouge s'assombrit, signe que sa température augmentait.
Il tourna la tête vers l'autre silhouette, indubitablement masculine. Celui-ci portait lui aussi une paire de lunettes de vue nocturne, et le mettait en joue avec ce qui semblait etre une arme à répétition. Armé, donc dangereux.
Il recula doucement, veillant à ne pas faire de gestes brusques. Une fois de retour dans l'escalier, hors de vue des deux autres, il saisit à sa ceinture une des deux dagues. Après une brève pression sur l'étrange pierre qui était incrustée sur sa garde, il la lança à l'intérieur où elle se planta dans le mur d'en face.
Passant en vue spectrale, le bleu ambiant disparu pour faire place à une vision étrange, révélant les contours de tous les objets solides à portée, aussi bien en vue directe que derrière les murs, ainsi que la forme psychique de tout etre vivant. Il voyait ainsi toutes les arrêtes et les surfaces de tous les objets en face de lui dans un rayon de 5 mètres. Alors que la vision s'affina, deux squelettes apparurent, entourés d'une aura bleutée.
Une nouvelle fois, il activa une ommande de sa manchette gauche. Aussitôt, les deux squelettes portèrent leurs mains à leurs visages, tentant d'arracher leurs lunettes de vision nocturne, aveuglées par le flash de lumière émis par la dague.
Durant cet instant de confusion, il se précipita dans la pièce et déploya sa lame droite. Il décapita l'homme d'un coup, ne lui laissant aucune chance de réagir. Il se tourna vers la femme et s'avança lentement vers elle. Il repassa en vue infra-rouge et désactiva la dague, qu'il arracha du mur avant de la remettre à sa ceinture. Alors qu'il arrivait à moins d'un mètre de la femme, elle se saisit de son arme et le braqua.
C'est alors qu'il remarqua la lampe qui y était attaché et qui l'éclairait. Il s'arrêta, attendant le moment propice. La femme recula maladroitement jusqu'au mur derrière elle.
Qui êtes vous, demanda-t-elle?
Il ne répondit pas. Il ne bougea pas.
Qu'est-ce que vous me voulez?
Il ne répondit pas. Il se contenta de montrer du doigt le corps décapité de l'homme. C'est alors qu'elle commit l'erreur. Elle détourna le regard vers ce qui restait de son compagnon. Un petit disième de seconde, pas plus. Mais ce fût suffisant.
Il n'hésitat pas. Il s'élança. Elle fit feu. De sa main gauche, il dévia son arme tandis que sa lame la transperça et se planta dans le mur. Elle eût un hoquet de douleur. Elle voulût crier, appeler à l'aide, mais ses mots se noyèrent dans le sang qui inonda sa bouche. Après un nouveau hoquet de souffrance elle lacha son arme.
Il extirpa alors sa lame. Elle s'effondra au sol et son corps fût parcouru de quelques spasmes, avant de se détendre pour de bon.
Repassant à nouveau en vision nocturne, il essuyat sa lame sur la combinaison de la femme avant de la rétracter. Il examina son épaulière gauche, sur laquelle avaient rebondi les quelques balles qu'elle avait eu le temps de tirer.
Avec un soupir, il se redirigea vers l'escalier, qu'il descendit à nouveau, jusqu'à arriver au rez de chaussée, immense salle aux murs ornés de nombreuses alcoves. Il repassa en vision spectrale. Une silhouette humaine s'y afficha immédiatement, d'un rouge profond sur le grisé alentour.
Elle n'avait rien à voir avec l'aura bleue pale des deux humains de tout à l'heur, non, là, il distingait clairement un visage, et il devinait la puissance psychique qui se cachait derrière. Ou plutôt il la connaissait. Comme l'Etre à qui elle appartenait. L'Etre pour lequel il avait du sacrifier une planète entière pour le retenir prisonnier. L'Etre qui avait provoqué sa perte et celle de tout son peuple. L'Etre dont il attendait le réveil depuis déjà plus de trois longs siècles.
La silhouette se redressa et se tourna vers lui. Pendant un moment ils restèrent ainsi, face à face. Finalement, tandis que la silhouette demeurait immobile, il rejeta sa capuche en arrière et retira son masque, retrouvant une vision normale, mais ressentant la présence psychique de son ennemi comme une plaie qui s'ouvre longtemps après avoir cicatrisé.
Se révéla alors son visage aux traits pâles et fins. Ses longs cheveux noirs étaient attachés en une simple queue derrière sa nuque. On eût pu le prendre pour un simple humain, si ce n'était ses yeux entièrement d'un noir de jais, avec simplement l'iris d'un rouge vif comme un rubis, et des canines hypertrophiées semblables à celles des vampires.
Son adversaire ressemblait aussi à un humain ordinaire, excepté sa peau grise et ses dents, longues et aiguisées comme des couteaux. Il portait la même armure avec laquelle il avait été enfermé longtemps auparavant. Il tenait dans sa main droite une épée à la poignée dorée et à la lame d'obsidienne, et dans sa main gauche une chaîne de deux mètres de long au bout de laquelle était fixé une boule de plomb garnie de nombreuses pointes et lames.
L'Etre à la peau grise s'inclina et dit:
« Ca fait longtemps.
- Ca fera 305 ans dans dix jours de cette planète, lui répondit l'autre d'une voix glaciale.
-Je ne me ferais pas avoir une deusième fois, cracha l'autre. Tu as vaincu il y a 300 ans, aujourd'hui c'est mon tour.
-Je n'ais pas pu te tuer à cette époque. Maintenant je le peux. J'ai absorbé l'essence vitale de planètes entières, et toi tu n'as eu au plus que quelques humains.
-Tu as paralysé mon corps, mais mon esprit est intact, et j'ai conservé toute ma force. Prépare toi à mourir.
-Ce combat restera gravé dans les annales de l'Imperia Mortis comme le jour où Orcus, Seigneur Déchu des Enfers, sera terrassé et renvoyé d'où il vient, fît l'Etre aux yeux noirs avec un petit sourire. Le jour où je pourrais enfin me consacrer entièrement à asseoir mon pouvoir.
-Ce combat sera eternellement commémoré comme le jours où Skaar, Seigneur de l'Imperia Mortis, sera brisé et où son âme sera le jouet des Tourmenteurs Infernaux aux main desquels il a déjà échappé une fois, lui répondit son ennemi. »
Skaar se saisit de ses deux dagues. Orcus fît tournoyer son boulet. C'est alors qu'une secousse d'une incroyable violence, suivie d'une vague de feu et d'un grondement assourdissant, les projeta tous deux à terre...
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