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Andemnia - 5

Un texte de SpaceFox, publié le mercredi 06 décembre 2006

Andemnia avait déjà eu du mal à articuler les dernières phrases ; mais là elle s'était totalement arrêtée. Complètement recroquevillée dans son fauteuil, le front posé sur les genoux, elle sanglotait doucement. Je m'approchai et m'assis sur l'un des bras de son fauteuil.

« Je suis désolé, lui sussurais-je, je ne pensait pas... je ne voulais pas te faire ressasser cela...

- Non, tu ne pouvais pas savoir, murmura-t-elle, laisse-moi juste quelques minutes... »

Toujours blottie contre moi, la jeune prêtresse se calma en quelques minutes, lesquelles furent particulièrement chargées en mystères. N'importe quel homme eût apprécié le fait d'avoir cette charmante jeune fille blottie contre soi ; mais inexplicablement je ressentais à ce moment une lente et profonde tristesse teintée de mélancolie m'envahir, un sentiment diffus et presque indéfinissable, une sorte de langueur étrange. J'attribuai cela au fait de voir cette jeune fille, ordinairement joyeuse, noyée dans ces larmes de tristesses. J'étais perdu dans des rêves ternes quand je remarquai une douce chaleur diffuse provenant de la poitrine de mon amie ; un bref coup d'œil en direction de son corsage me fit découvrir que quelque chose au plus profond de celui-ci dégageait une étrange lueur. Je soupçonnai alors un effet magique de son pendentif, mais étant donné la susceptibilité d'Andemnia sur ce sujet, je me résolu à ne la questionner que lorsqu'elle serait de meilleure humeur.

« Continuons », me dit-elle après s'être écartée de moi, un sourire un peu triste sur son visage.

Le maître m'empoigna par le haut de ma robe et m'extirpa de force de ma cachette. C'est alors que je vis ce qui s'était réellement passé. Une demi-douzaine d'hommes et autant de femmes se tenaient là ; tous étaient vêtus de vêtements verts sombre et dissimulaient leur tête sous une capuche pointue de la même couleur, seule ma soeur avait le visage découvert. L'homme qui me portait me dévisagea quelques instants avant de marmonner que je ferais l'affaire.

« Mes sœurs, mes frères, commençons le rituel ! », rugit-il en me jetant sur la table. Instantanément, quatre de ses acolytes m'attrapèrent par les bras et les jambes pour me maintenir sur la table, tandis qu'un cinquième arrachait ma robe ; au même instant les participants commencèrent à murmurer des paroles mystérieuses.

« Voici le Poignard du Sacrifice, continua le maître, commençons l'invocation ! »

Tous ceux qui étaient présents dans la pièce commencèrent alors à psalmodier des incantations magiques tandis que le maître s'approchait de moi, le poignard brandi au-dessus de sa tête. J'essayai de me débattre, mais ceux qui me maintenaient étaient beaucoup trop forts . À travers mes larmes, j'aperçus le poignard en question : richement décoré, il avait une lame fine et ondulée, et si l'on excepte le fait qu'il émettait une sinistre lueur rouge visiblement magique, il était en tous points semblable au poignard qui trônait habituellement sur la cheminée.

Tout s'enchaîna ensuite très vite. L'un des participants éternua, ce qui provoqua immédiatement une série d'explosions et beaucoup de fumée, des bruits de tumulte résonnèrent à l'extérieur, et beaucoup de hurlements jaillirent. Je sentis que les démonistes qui me maintenaient allongée sur la table m'avaient lâchée.

Tout à coup, un bras immense arracha d'un seul coup tout l'étage de la maison, un énorme bras rouge et enflammé, qui projetait dans son élan des débris dans tous les sens. Un rire sinistre, énorme , empli toute la grotte dans laquelle était construite cette partie de la ville.

« Alors, les invocateurs, on fait joujou avec le feu ? On se croit puissant, mais on ne sait même pas terminer une invocation correctement ? »

À travers les fumées et les poussières qui se dissipaient, je pus apercevoir la forme gigantesque qui venait de parler, une silhouette immense, rougeoyante et enflammée, une stature cornue pourvue d'immenses ailes dans le dos, une forme qui devait faire la hauteur de trois étages. Malgré l'éternuement de l'un des acolytes, les démonistes avaient réussi à invoquer un démon, l'un des démons les plus puissants.

« Au fait, mes agneaux, continua le démon de sa voix tonitruante, où est ma friandise ? Ça donne faim de se téléporter ! »

Le maître me saisit alors par le bras, et, d'un mouvement vigoureux, me présenta à la bête enflammé :

« C'est elle, démon ! Mange, et obéis à mes ordres ! »

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